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L’intervention auprès de réfugiés syriens

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Photo Agence France-Presse

       Le conflit syrien a amené le plus grand flux migratoire des dernières années (Hassan et al., 2016). Présentement, 13,5 millions de Syriens ont besoin d’assistance humanitaire, 6,6 millions ont quitté leur foyer pour se reloger ailleurs en Syrie (UNOCHA, 2016) et 4,8 millions ont fui leur pays, la plupart dans les pays limitrophes comme la Turquie, le Liban et la Jordanie (UNHCR, 2016). Le Canada a pour sa part accepté 26 506 réfugiés à ce jour (Gouvernement du Canada, 2016) dont la majorité sont âgés de moins de 25 ans.

Les quatre groupes armés qui s’affrontent en Syrie (Assad, Daesh, Kurdes, armée libre) (G. Hassan, symposium, 10 mars 2016) ont causé un million de blessés et 250 000 morts, une diminution de 20 ans de l’espérance de vie, un accès compromis à l’eau et aux installations sanitaires ainsi qu’une énorme augmentation de la pauvreté et du taux de violence (UNOCHA, 2016). Chez les réfugiés syriens, les troubles de santé mentale retrouvés sont surtout « des troubles émotionnels, tels que : la dépression, le deuil pathologique, le trouble de stress post-traumatique et plusieurs formes de troubles anxieux.» (61-63, cité dans Hassan et al., 2016, p.13). Par exemple, la guerre amène divers types de deuils, comme ceux de la patrie, des repères, de leurs proches, de leurs biens matériels et de leur vie passée. De plus, le contexte de déplacements et de disparitions rendent ces deuils plus complexes chez les Syriens qui ne peuvent plus effectuer leurs rituels funéraires normaux. Les informations peuvent également être incertaines ou trompeuses concernant les personnes disparues (G. Papazian-Zohrabian, symposium, 10 mars 2016).

Ainsi, les intervenants psychosociaux doivent prendre en compte tous ces aspects traumatiques spécifiques au contexte de guerre lors de la prise en charge de réfugiés. Il est conseillé aux intervenants de tout d’abord stabiliser la situation socioéconomique des réfugiés, puis de renforcer leur résilience plutôt que de leur diagnostiquer immédiatement un trouble psychologique. Afin de travailler auprès d’eux d’une façon adéquate, un rapport fut commandé par l’UNHCR (Agence des Nations Unies pour les réfugiés) auprès d’experts travaillant dans le milieu et mené par Ghayda Hassan (professeure du département de psychologie, UQAM) pour bien saisir leurs besoins psychosociaux en prenant compte de leur réalité culturelle. Voici un résumé des différents points saillants du rapport pouvant intéresser toutes les personnes qui auront à intervenir avec cette population. De plus, plusieurs composantes sur rapport s’appliquent également aux populations réfugiées autres que Syriennes.

D’abord, une des caractéristiques spécifiques de la population syrienne est sa grande diversité, autant dans sa composition ethnique que dans les langues parlées et les religions pratiquées (3, cité dans Hassan et al., 2016). La majorité de la population est sunnite et parle arabe, mais il ne faut pas oublier les autres nombreuses communautés ethniques et religieuses (3, 18-20 cité dans Hassan et al, 2016). De ce fait, le terme syrien peut être réducteur et ne pas correspondre à leur identité. Par exemple, 9-10% de la population est kurde, mais puisque leur langue (kurmandji) fut longtemps réprimée par l’État, certains ne la pratiquent pas (5-7 cité dans Hassan et al., 2016). De plus, avant la guerre, le pays accueillait un nombre non négligeable de réfugiés en provenance de la Palestine et de l’Irak, ce qui ajoute à la diversité ethnique de cette région (21, cité dans Hassan et al., 2016). Ainsi, les identités sont multiples et les rapports sociaux entre les groupes, complexes. En comprenant mieux la vision des Syriens, tout en gardant en tête les spécificités ethnoreligieuses, il est alors possible d’adapter ses interventions afin de répondre le plus possible aux besoins individuels.

Les éléments ethniques, religieux, historiques et sociaux influencent la manière dont l’individu comprend le monde, le sens qu’il donne à la maladie et à la souffrance, les méthodes d’adaptation et les comportements de recherche d’aide (154, cité dans Hassan et al., 2016). Les assises culturelles sur lesquelles se fonde le concept de la personne et les théories explicatives de la souffrance doivent donc être prises en considération dans la planification des services de soins. Par exemple, dans les traditions musulmanes Syriennes, la mort est souvent considérée comme une étape entre deux vies (155, cité dans Hassan et al., 2016), ou les épreuves tels que les conflits comme une occasion de croître spirituellement (155, 157, 158, cité dans Hassan et al., 2016). Dans ce contexte, les diagnostics psychiatriques peuvent être perçus comme étant stigmatisants (Hassan et al., 2016). D’autres peuvent attribuer certaines souffrances à des causes surnaturelle qui ne doivent pas être méprises pour des signes de psychose, mais relèvent plutôt d’une explication culturellement adaptée (174, cité dans Hassan et al., 2016).

Les individus expliquent leurs souffrance par des idiomes de détresse culturellement inscrits, soit « des modes d’expression de la détresse partagés par les membres d’une même culture ou d’une même communauté» (Hassan et al., 2016, p.24). Dans le contexte syrien, le corps et l’esprit ne sont pas considérés comme des entités séparées et les patients vont donc ressentir, vivre et exprimer leur souffrance à la fois physiquement et psychiquement et ne doivent pas être considéré comme vivant des troubles de somatisation. Des métaphores impliquant le corps seront donc souvent utilisées telles que l’expression « chute du coeur » pour exprimer une grande peur.

Encore une fois, les explications et les expressions des troubles peuvent être multiples et coexister au sein de la population syrienne, mais aussi chez l’individu. Les visions de la maladie dépendent des rapports au monde et à l’individu, ce qui varie selon les ethnies et les religions en Syrie. Par ailleurs, même si des éléments culturels sont susceptibles d’influencer les croyances de l’ensemble des Syriens, chaque individu vient avec un bagage propre à ses expériences personnelles. L’intervention doit donc prendre en compte leur singularité.  (Hassan et al., 2016)

« La compréhension des modèles explicatifs et des idiomes de détresse locaux facilite la communication entre les intervenants et leurs clients. » (Hassan et al, 2016 p.24) En effet, il ne faut pas interpréter ces particularités comme un refus de dialogue ou un déni de la détresse psychologique (49,50, cité dans Hassan et al., 2016). Dans tous les cas, il est préférable de demander au patient ce qu’il veut dire par une expression X dans un contexte Y plutôt que d’interpréter ses paroles avec les croyances et les modèles plus «occidentaux». De plus, une ouverture à l’autre et une compréhension de son vécu psychologique permettent d’améliorer la relation thérapeutique en plus de mettre en place des traitements plus adéquats (Hassan et al., 2016). Lorsque la maladie est expliquée par des causes religieuses ou surnaturelles, elle est davantage perçue comme étant une épreuve à surmonter et le recours à des soins de santé serait un raccourci à leur guérison. Dans ce cas, il peut être utile d’avoir une collaboration entre les intervenants, guérisseurs et chefs spirituels afin d’aider adéquatement la personne (179, 180, cité dans Hassan et al., 2016).

Il est important de ne pas pathologiser ce que vivent les réfugiés syriens et de prendre en considération le contexte de violence qui les entoure, les déplacements continuels et les circonstances difficiles. En se basant sur les catégories du DSM, beaucoup de réfugiés syriens peuvent sembler manifester des symptômes de TDAH, ou de dépression majeure, mais ces diagnostics relèvent peut-être tout simplement d’une mauvaise compréhension des symptômes de l’ESPT, surtout chez les enfants (G. Papazian-Zohrabian, symposium, 10 mars 2016). Plutôt que d’étiqueter les réfugiés avec des diagnostics, il est préférable d’avoir une gestion individuelle et en cas par cas des symptômes et des dysfonctions (Rousseau et Hassan, 2015).

Le travail effectué auprès des réfugiés syriens consiste à poser des actions à court et à long terme. Ainsi, à leur arrivée, il s’avère sage d’améliorer la situation socioéconomique du réfugié. En effet, l’amélioration des conditions de vie est un facteur de protection pour la santé mentale. De plus, en assurant un soutien externe fourni par les pairs ou la famille, il devient alors plus facile pour les réfugiés de s’adapter aux conséquences du conflit (57-59, cité dans Hassan et al, 2016). Il est donc conseillé d’agir sur l’unité familiale et la reconstitution de réseaux de soutien. Dans un contexte de guerre, tout le réseau social est souvent touché par les événements. Pourtant, les liens familiaux permettent aux réfugiés de traverser la situation plus facilement en tant que facteur de protection. Les adultes particulièrement peuvent « agir comme tampon » auprès de leurs enfants (Hassan et al., 2016). Cependant, lorsque ceux-ci ne peuvent gérer leur propre détresse, les enfants et les parents doivent trouver un support extérieur (37, cité dans Hassan et al, 2016). À court terme donc, il s’agit de « cibler le soutien initial et la gestion de crise » (114, cité dans Hassan et al, 2016, p.36). À plus long terme, il importe de travailler sur la résilience et les capacités d’adaptation de cette population. En contexte de guerre, et lors de la vie dans les camps, les réfugiés ont le sentiment d’avoir peu de contrôle sur leur vie, ce qui peut favoriser l’utilisation de mécanismes mal adaptés comme le fait de surprotéger ses enfants (88, 37, 91, cité dans Hassan et al, 2016). Certains mécanismes d’adaptation semblent plus efficaces selon le sexe (56, 87, 88, cité dans Hassan et al, 2016) ou l’âge (37, 56, cité dans Hassan et al, 2016) chez les réfugiés, mais dans l’ensemble, il importe de renforcer les situations d’utilisation de mécanismes actifs adaptés, comme sortir, prier, faire des activités collectives, plutôt que passifs ou inadaptés, comme fumer, s’isoler, dormir ou faire utilisation de la violence (88, cité dans Hassan et al, 2016).

En conclusion, lorsque les intervenants entrent en relation avec les réfugiés, ils doivent prendre en considération leur ethnie, leur langue, les idiomes utilisés dans celle-ci, les modèles explicatifs propres aux individus, le vécu spécifique de ces derniers, les mécanismes adaptatifs qu’ils ont et ceux moins adaptatifs à travailler et, finalement, l’aide à long terme autant que celle à court terme.

Cet article met l’accent sur les aspects psychologiques et culturels de la situation des réfugiés avant qu’ils arrivent en terre d’accueil. Cependant,  les réfugiés syriens seront confrontés à plusieurs autres situations en arrivant au Canada qui amèneront leur lot de détresse psychologique. En effet, ils peuvent avoir des problèmes d’intégration au sein des communautés qui ne partagent pas nécessairement leur culture. Ils seront confrontés à l’isolement, au mal du pays, à la discrimination, au racisme, à la déqualification professionnelle et à l’insécurité envers le futur (Hachimi Alaoui, 2006). D’ailleurs, pour un réfugié, cela prend entre 7 et 10 ans pour atteindre une stabilité socio-économique qui permette de subvenir aux besoins de tous les membres de la famille (G. Hassan, symposium, 10 mars 2016). Il y a également une difficulté supplémentaire, car très peu de réfugiés syriens parlent le français ou l’anglais, et doivent apprendre le français afin de bien fonctionner au Québec (Martin et Ouellet, 2016). Or, les classes sont déjà remplies à leur capacité maximale et ceux-ci doivent patienter et freiner leur envie de retourner immédiatement sur le marché du travail (Fimbry, Harrison-Julien et Josselin, 2016). La situation de l’accueil des réfugiés au Québec diffère d’autres provinces canadiennes dans le sens où la plupart des réfugiés sont financés par les familles et non par le gouvernement. Ainsi, l’argent qui leur est donné à leur arrivée est minime et ne suffit pas à couvrir les coûts (Fimbry, Harrison-Julien et Josselin, 2016).

Toutes ces spécificités illustrent bien pourquoi il est primordial de former les intervenants psychosociaux à une telle réalité. À ce sujet, un outil va être mis en ligne très bientôt afin qu’ils puissent travailler adéquatement auprès des réfugiés syriens (SSPC Webinar: Providing Mental Health Care for Syrian Refugees). Entre temps, vous pouvez visionner des vidéos pour approfondir le sujet.

Par Geneviève Drapeau et Caroline Marcoux, étudiantes au baccalauréat en psychologie, en collaboration avec Ghayda Hassan, Ph.D


        Cet article est basé sur le rapport Culture, Contexte du conflit, Santé mentale et Bien-Être Psychosocial des Syriens écrit par Ghayda Hassan et al. Il est possible de consulter la version française du rapport ici, ainsi que la version anglaise ici. Ce texte ne se veut pas une revue de littérature, puisque le rapport a très bien fait cela, mais bien un résumé des informations importantes. Ainsi, par soucis de concision lors de la lecture et d’équité envers les auteurs originaux, les numéros dans le texte renvoient aux références secondaires cités ci-dessous, toutes tirées du rapport. Elles n’ont pas été consultées en entier par les auteures de ce texte.


Cet article est issu de la rubrique « après le bac » : Il s’agit d’offrir un aperçu des thèmes de recherche menés par les professeurs de différentes section en psychologie à l’UQAM, et de les rendre accessibles en les résumant de façon claire et concise. Elle présente aussi différentes voies possibles après le baccalauréat en psychologie afin d’éclairer les étudiants sur les parcours disponibles.

Références

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Gouvernement du Canada. (2016) #Bienvenueauxréfugiés : Le plan du gouvernement du Canada visant à réinstaller 25 000 réfugiés syriens. Repéré à http://www.cic.gc.ca/francais/refugies/bienvenue/

Gouvernement du Québec. (2016). Statistiques Refugiés Syriens. Repéré à http://www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/publications/fr/divers/Statistiques_Refugies_Syriens.pdf

Hachimi Alaoui, M. (2006). «Carrière brisée, carrière de l’immigrant : le cas des algériens installés à Montréal.» Diversité urbaine, 6(1).

Hassan, G, Kirmayer, LJ, MekkiBerrada A., Quosh, C., el Chammay, R., Deville-Stoetzel, J.B., Youssef, A., Jefee-Bahloul, H., Barkeel-Oteo, A., Coutts, A., Song, S. & Ventevogel, P. (2016). Culture, Contexte du conflit, Santé mentale et Bien-Être Psychosocial des Syriens (traduit par Mylène Boivin, Lancelot Legendre-Courville, Anne-Sophie Cardinal) : Canada. Repéré à  http://www.sherpa-recherche.com/wp-content/uploads/2016/02/UNHCRsyrie-francais-fev2016.pdf

Martin, L. et Ouellet, V. (2016, 4 février). Accueillir en français des réfugiés syriens hors Québec : des attentes irréalistes? Société Radio-Canada. Repéré à http://ici.radio-canada.ca/regions/ontario/2016/02/04/001-francophones-immigration-syriens.shtml

Rousseau, C. et Hassan, G. (2015). Arrivée massive des réfugiés syriens au Québec : Formation destinée aux professionnels. Repéré à http://www.sherpa-recherche.com/wp-content/uploads/2015/12/Formation-intervenants-syriens_volet1-30dec-R%C3%A9par%C3%A9.pdf

UNOCHA : United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. (2016). Syrian Arab Republic. Repéré à http://www.unocha.org/syria

UNHCR : Agence des Nations Unies pour les réfugiés. (2016). Syria Regional Refugee Response. Repéré à http://data.unhcr.org/syrianrefugees/regional.php

Le symposium appelé Accueil des réfugiés syriens: situation actuelle et intervention s’est déroulé le 10 mars 2016 au café l’Artère et a été tenu par Garine Papazian-Zohrabian, Janet Cleveland et Ghayda Hassan

Références secondaires

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