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Chronique « La fabrique à bonheur » : Que sera, sera

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Par Fietzfotos via Pixabay

La tristesse, comme toutes les émotions par ailleurs, est causée par les idées que nous entretenons à propos d’un événement qui survient dans notre existence. La tristesse apparaît notamment lorsqu’on croit que ce qui nous arrive peut nous être nuisible ou désavantageux.

Imaginez cette situation. Vous êtes le jeune président fondateur d’une petite entreprise de Québec. Aujourd’hui, vous vous apprêtez à prendre l’avion pour Toronto pour y rencontrer les hauts dirigeants d’une compagnie que vous courtisez depuis plusieurs mois déjà. Vous leur présenterez vos produits et services, au même titre que les représentants de compagnies compétitrices le feront.

Malheureusement, à cause d’ennuis de moteur, votre vol atterrit à Montréal avec du retard, et vous manquez votre correspondance pour Toronto. Pour rajouter à votre malheur, la pluie fine qui tombait ce matin s’est maintenant transformée en pluie verglaçante mélangée à de la neige. Les avions sont retenus au sol pour une période indéterminée. Votre rencontre à Toronto, organisée depuis belle lurette, ne dure qu’une journée, et il semble bien que vous soyez en train de manquer cette occasion unique de vous faire valoir. Vous vous dites que votre journée est gâchée ; sinon votre mois et, qui sait, peut-être même votre année. Un mélange de colère, de frustrations, de tristesse, de révolte, d’anxiété et même de jalousie vous envahit à la seule pensée que vos concurrents vous rafleront la vedette.

Vous vous empressez de téléphoner à votre hôte de Toronto pour lui raconter votre mésaventure. Vous le rassurez en lui disant que vous espérez atterrir à ses bureaux avant la fin de la journée — ce dont vous n’êtes absolument pas certain quand vous écoutez la météo. Vous ajoutez sur un ton convaincant qu’il ne perd rien pour attendre. Vous raccrochez, découragé.

Alors que vous aspirez nerveusement votre gorgée de café dans un restaurant de l’aéroport, une nouvelle de dernière heure projetée sur le grand écran attire soudain votre attention : l’avion dans laquelle vous deviez prendre place en direction de Toronto s’est écrasé. L’engin gît en pièces détachées sur le sol. Il n’y a aucun survivant.

Si vous étiez complètement abattu à peine quelques secondes plus tôt, vous voici maintenant tout ragaillardi, plongé dans un état de joie indescriptible. Au diable ce rendez-vous manqué : vous êtes en vie, et considérez qu’il vaut mieux être en vie que mort.

Mon exemple est sans doute tiré par les cheveux, mais je voulais surtout démontrer que nous pouvons nous créer des émotions désagréables, comme de la tristesse, de la même manière que nous pouvons nous créer de la joie. Il suffit de nous imaginer que l’événement qui nous arrive est avantageux, utile ou bienfaiteur pour nous ou, au contraire, qu’il causera notre malheur.

Il existe trois catégories d’idées : vraie, fausse ou douteuse. Une idée vraie — ou réaliste — s’appuie sur des faits objectifs, tandis qu’une idée fausse ou douteuse repose sur des opinions ou des interprétations subjectives. Dans l’exemple que je viens de vous donner, la joie comme la tristesse reposent sur une idée douteuse, car nul ne peut prédire l’avenir. En effet, personne ne peut jurer qu’une situation qui nous apparaît malheureuse sur le coup ne finira pas par tourner à notre avantage. Ou, au contraire, que la situation que nous entrevoyions comme une aubaine ne se transformera pas en un cauchemar.

Repensez à votre vie. N’avez-vous pas déjà vécu dans le passé des événements que vous aviez d’abord jugés en votre défaveur, pour ensuite les revoir comme avantageux pour vous ? Ou inversement, ce que vous trouviez bon, un jour, peut-être l’avez-vous trouvé mauvais le lendemain ?

Notre réalité change à mesure que le temps avance parce que des éléments nouveaux viennent s’y greffer. Encore une fois, ces éléments peuvent nous apparaître comme des atouts ou comme des obstacles dès que nous les filtrons ou les interprétons.

On ne sait rien de l’avenir. Ainsi, mieux vaut ne pas se créer inutilement de la tristesse en sautant hâtivement aux conclusions dans l’interprétation d’un événement. Ne rien anticiper, ni le meilleur ni le pire, demeure la meilleure attitude — même si ce n’est pas toujours aisé à réaliser.

Chaque fois que vous considérerez qu’un événement qui survient en est un fâcheux qui ne vous aidera en rien, rappelez-vous que le vent peut toujours tourner. Et si cela peut vous encourager, pensez que ça pourrait être pire ! (Je le sais, je le dis souvent, mais c’est tellement vrai !)

 

Que sera, sera

Demain n’est jamais certain

Laissons l’avenir venir

Que sera, sera

What will be, will be

(Doris Day)

 

Par Sophie-Luce Morin

 

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